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L'intégration des psychothérapies : Lesquelles, jusqu'où, comment ?La pleine intégration méthodique, paradigmatique, personnelleRichard MEYER IntroductionLa loi française reconnaît enfin le "psychothérapeute " dans le but, louable, de garantir un minimum de rigueur et d'éthique à ce professionnel qui a une tâche à la fois médicale et humaniste. Mais c'est la profession elle-même qui doit assurer la véritable qualité de ses membres par des méthodes validées, des concepts éprouvés et des formations sérieuses, sans pour autant empêcher la recherche et l'innovation. Car la psychothérapie est intimement liée à l'état des murs, aux changements de société et à ces conceptions de vie qui évoluent si vite de nos jours. Elle doit donc accepter aussi son renouvellement. S'il fallait résumer l'essentiel du bouleversement politique, ce serait par le concept de "mondialisation" (ou altermondialisation), l'essentiel du changement social, ce serait par " globalisation ", l'entente des religions, par "cuménisme", l'essence du nouvel être, par " complétude ". La psychothérapie accompagne - et préfigure - ce mouvement avec son courant le plus novateur, le courant " intégratif ". La Psychothérapie Plénière est l'un des exemples de cette recherche d'intégration, englobant (presque) toutes les méthodes, investissant (presque) tous les cadres de vie et entrant dans (presque) toutes les attitudes thérapeutiques. Ce défi a été relevé en une trentaine d'années de pratique, de recherche et de formation avec, en particulier, une ouverture totale sur ce qui devait se révéler de neuf au niveau des théorisations et de l'être thérapeute. Le présent texte présente les points essentiels de cette intégration qui ne pouvait s'appeler que " plénière ". C'est comme lors d'une assemblée dite plénière : tout le monde n'est pas présent à cet événement ; mais ceux qui sont concernés sont tous là en un même lieu. La Psychothérapie Plénière dispose de (presque) tout, mais, dans une situation donnée, il suffit que seulement ce qui est nécessaire soit pleinement là. Et c'est le cas. Nous commencerons par une observation des lieux : des douzaines, des centaines de méthodes psychothérapeutiques, sociothérapeutiques et somatothérapeutiques qui se distinguent par les outils de communication, les cadres organisationnels, les théories, point d'impact et surtout la durée de la cure. Et comment intégrer toutes ces différences et jusqu'où, alors qu'il y a des éléments inconciliables : travail individuel ou groupal, verbal ou corporel, directif ou analytique. Nous continuerons avec une seconde observation qui tient compte de cette réalité étonnante de trois séquences de durée bien différenciée et qui débouche sur une "Cure Séquentielle" :
La cure séquentielle postule une progression séquentielle, courte et/ou moyenne et/ou analytique, en investissant toutes les caractéristiques propres à chaque durée tout en pouvant passer de l'une à l'autre si nécessaire. On n'oppose plus une thérapie cognitivo-comportementale courte et une analyse longue ; on les fait se succéder si nécessaire. Pour cela, il faut des outils multiples, ceux-là
même que les centaines de méthodes ont approfondis chacune
en particulier. Mais il ne s'agit pas d'être simplement "éclectique",
à savoir d'additionner ce qui plaît, à quel titre
d'ailleurs ? Il faut, au contraire, accéder aux paramètres
fondamentaux de toute méthode thérapeutique - ils sont en
nombre limité - et proposer au moins une méthode par paramètre.
On débouche ainsi sur une pratique "plurielle" selon un choix raisonné
en vue de répondre à tous les critères ; il s'agit
donc d'une pratique "pluri-globale". Ces deux premiers acquis -
cure séquentielle et pratique pluri-globale - n'ont pu advenir
qu'à partir d'une expérience personnelle et d'une pratique
clinique et formatrice de trente années. Quasi toutes les méthodes
et théorisations y ont passé. La présentation de
ce véritable laboratoire expérientiel se fera donc par la
suite. Nous y verrons d'abord l'historique des développements
psychothérapiques à la fois classiques et nouveaux avec
ses étapes qui balayent tout le champ des thérapies. Puis
nous développerons les deux méthodes centrales les plus
intégratives, la socio-somatanalyse et la psycho-somatanalyse,
puisqu'elles intègrent la psychanalyse et le corps, en individuel
et en groupe. Nous continuerons par la présentation de l'authentique dimension analytique avec l'accès aux "purs processus inconscients" qui se fait autant dans les psychanalyses de Freud, Jung et Ferenczi que dans les deux somatanalyses. Il en va de même des méthodes somato-psychothérapiques qui modifient l'état de conscience, telle la pneum-analyse (ailleurs connue comme rebirth et respiration holotropique) et qui intègrent les inconscients personnels et collectifs. Cette approche pluriglobale, plénière et processuelle, débouche aussi sur une théorie unifiante que nous verrons sous trois de ses aspects : le modèle ontologique, le principe complexification/plénarité, la psychopathologie des caractéroses. Nous recourrons à la thé;orie des catastrophes de René Thom pour modéliser le processus plénier déjà annoncé. Enfin nous verrons que c'est le thérapeute lui-même qui réalise véritablement cette intégration des méthodes et des théories par une attitude de "pleine présence" et "d'accordage" au patient. Il lui faut néanmoins, au préalable, l'apprentissage de pratiques plurielles et le recoupement des théories jusqu'à en extraire les fondements unificateurs, dans une pensée plénière, elle aussi. Mais, du côté du professionnel qui s'y lance, demandons-nous quand même pourquoi ce besoin d'intégration. On peut évoquer plusieurs motifs :
Mais peut-on seulement concilier ces courants aussi divers,
sans les expérimenter en profondeur ? Et peut-on arriver assez
profond en essayant une pluralité de méthodes ? Et s'il
y avait une étonnante unité au-delà, méta-,
de cette diversité ? Les propositions faites ici sont à
la fois expérimentées - personnellement, par des dizaines
de formateurs et des centaines de praticiens - et pensées sur plus
de trente années.
Si on en restait là, on pourrait se contenter d'une accumulation éclectique (de techniques) et multiréférentielle (de théories). Mais l'histoire de l'Occident ne s'arrête pas là. Elle suscite :
Tout le monde en veut et il y en a pour tout le monde.
Y a pas tout, mais y a plein. Psychothérapie : l'état des lieuxTrente cinq années à apprendre, pratiquer, étudier et enseigner les principales méthodes psychothérapeutiques, sociothérapiques et somatothérapiques m'ont permis d'établir un état des lieux exhaustif, en cinq points, et de ressentir les enseignements et les dangers correspondants à chaque point. 1) Un foisonnement de pratiques Il existe au moins une douzaine d'écoles psychanalytiques,
une centaine de techniques cognitivo- comportementales, des centaines
de méthodes psycho-corporelles, d'innombrables approches conjugales,
familiales et groupales, sans oublier les médiations par la musique,
les arts... l'animal. 2) L'étonnante différenciation des cures en trois durées bien repérables
Enseignement : ce séquençage, bien
réel pour qui regarde de près, désigne deux principes
fondamentaux qui font séparation entre les trois durées
: le transfert entre thérapies courte et moyenne, le risque de
déstructuration évité par la thérapie de durée
moyenne grâce à la focalisation. 3) Des "processus thérapeutiques" étonnamment diversifiés jusqu'à être opposés Catharsis, insight, néocatharsis, individuation,
réflexe orgastique, cri primal, verbalisation, régression,
anticipation, lâcher-prise, immersion in vivo, désensibilisation
progressive, non-directivité, injonction paradoxale, dynamique
de groupe, ancrage, balayage oculaire, provocation d'anxiété,
ouverture de chakra et autre circulation énergétique... 4) De nombreuses théorisations issues des différentes écoles et souvent... contradictoires Chaque méthode se précise par :
Ainsi elle donne à observer un aspect particulier du fonctionnement humain, d'où.... une théorisation propre : métapsychologie versus psychologie analytique, psychologie psychodynamique, cognitivisme, comportementalisme, systémisme, inconscient personnel vs inconscient collectif, inconscient vs transpersonnel, haptonomie vs somatologie, Moi vs Soi, cercle de la Gestalt, transgénérationnel vs anticipation, historicisme vs hic et nunc, sans oublier les personnalisations : lacanisme, freudisme, kleinism?e, reichienisme etc... Enseignement : la conscience est bien limitée
et la raison aussi, ne permettant de "penser" qu'un pan de la réalité
à la fois ; mais, mises ensemble, ces théorisations font
le tour du tout. l'impérialisme des écoles : toute théorie ayant vocation d'universalité, il faut pousser le particulier jusqu'au total, par tous moyens... 5) Les rôles thérapeutiques De la neutralité psychanalytique à l'amour inconditionnel et à l'amaé, de l'écoute flottante à la provocation d'anxiété, de l'abstinence à l'enveloppement affectif, de la directivité à la non-directivité mâtinée d'empathie, sans oublier les rôles qui se prennent derrière la glace sans tain ou l'ordinateur... les attitudes thérapeutiques sont également diversifiées. Enseignement : les attitudes personnelles seraient
donc elles aussi restreintes aux particularités de leur créateur
et ce serait leur réunion qui dirait une position globale. QuestionsPourquoi des personnes aussi bien thérapisées, analysées, développées, qui deviennent les nouveaux experts de nos sociétés modernes, sont-elles incapables d'aller au delà :
S'agirait-il d'un carcan social et culturel, ou même d'une contrainte, d'une mimésis chauvines et impérialistes ? Ou alors est-ce le propre même de l'être humain que de ne pas pouvoir s'élargir au pluriel et au complexe, de ne pas exister jusqu'au singulier et à l'entier? Le récent courant psychothérapique dit "éclectique, intégratif et pluriréférentiel" (dans lequel j'ai oeuvré) nous amènerait à reconnaître ces limites en soi. En effet, il s'essaye aux additions et combinaisons de tous ordres mais n'arrive finalement qu'à des patchworks, certes intéressants, qui ne constituent finalement qu'autant de nouvelles méthodes qui brouillent encore plus les pistes. Son tort : c'est d'en rester au niveau des méthodes et des théories, les cumulant ou soustrayant, butant ainsi sur les limites quantitatives : on ne peut pas tout pratiquer, on ne peut pas tout apprendre, on ne peut pas jouer tous les rôles. Y a pas tout, mais y a plein. La pleine intégrationpluri-globale, paradigmatique, personnelleTrente cinq années à apprendre, pratiquer, étudier et enseigner la psychothérapie n'auront pas été de trop pour changer de niveau logique, pour m'extraire de la particularité de chaque méthode, (même de la somatanalyse, des somatothérapies et de la Présence Juste, mes propres créations), et pour reconnaître les fondements universels de la psychothérapie qui se déclinent, eux aussi, en cinq points, en une véritable métaméthode. 1) Une pratique plurielle S'il existe des centaines de méthodes, c'est que l'être humain est pluriel, qu'il tombe malade et s'épanouit différemment selon :
Une seule méthode thérapeutique ne peut
pas intégrer tous les aspects à la fois. Il faut donc un
éventail de méthodes qui représentent les principaux
aspects du fonctionnement humain : cadres de travail (individuel, conjugal,
familial, groupal), pratiques (verbales, corporelles, artistiques) pour
accéder &endash; méta &endash; à " la " méthode
psychothérapeutique pertinente pour le patient particulier. Nous
proposons, quant à nous, plus d'une douzaine de ces cadres et protocoles
qui suffisent à occuper tout le champ du fonctionnement humain
et des pratiques thérapeutiques/analytiques. Y a pas tout, mais
c'est plein. 2) La cure séquentielle évolutive Les trois types de durée observés dans le champ des psychothérapies sont à la base même de la cure plénière. Chacun a des indications propres comme il est dit c?i-dessus mais chacun nécessite un protocole bien précis pour générer ses avantages propres :
La pleine intégration postule ces trois durées dans toute leur rigueur, chaque séquence devant être conclusive a priori, tout en permettant le passage à la suivante en cas de besoin. C'est le choix de la durée qui est prioritaire après évaluation de la gravité de la souffrance rendant ensuite le choix de la méthode simple et logique. 3) Le processus thérapeutique commun : plénier. La base commune à tous les processus thérapeutiques évoqués ci-dessus est "l'expérience plénière " :
Je suis là, pleinement là, et seulement là. Et cela gué?;rit et indique le chemin du . bonheur. Très souvent, ces expériences plénières doivent se répéter pour que s'installe la " pleine présence ". 4) Une approche de l'humain "méta" : le paradigme holanthropique Je n'aurai pas l'outrecuidance de présenter notre approche " hol-anthropique" (holos = entier ; anthropos = l'être humain) en quelques lignes, encore qu'elle tienne en deux modèles bien schématisés :
Ces deux modèles suffisent à poser les bases de l'humain :
5) Un être thérapeute : présent, positif, plénier Si le processus thérapeutique tend à la présence pleine du patient, il va de soi que le thérapeute/analyste se doit d'être lui aussi, dès le départ :
Cette présence pleine et positive permet au thérapeute d'être dans l'accordage avec son patient. Avec ce mot à neuf lettres, s'énoncent les neuf attitudes successives (et simultanées) qui jalonnent la séance, chaque lettre initiant le mot correspondant. Prendre A accueillir La Psychothérapie Plénière revendique à juste titre sa caractéristique de métaméthode qui se centre sur les fondements communs :
tout en acceptant les contraintes de la réalité complexe :
Avec ces outils et cet état d'être, le psychothérapeute et psychanalyste intégratif aborde sereinement les sept paliers de toute thérapie, de l'accueil du nouveau patient jusqu'à sa guérison a) établir un diagnostic Tableau 2 les étapes de la psychothérapie Une méthodologie pour l'intégration des psychothérapiesNous venons de jeter un regard sur l'actualité de la psychothérapie, de la fixer dans sa synchronicité foisonnante et d'annoncer déjà notre propre apport : "la pleine intégration". Mais il y a aussi une histoire des méthodes et théories d'intégration. Des professionnels ont commencé à pallier au morcellement des pratiques. Regardons cet aspect diachronique pour en extraire la méthodologie à l'uvre. Reconnaissons les leçons de l'histoire pour ne pas avoir à la répéter. Nous pouvons distinguer trois étapes à l'intention intégrative : l'addition, la fusion et l'intégration. L'histoire du courant intégratif Pour une méthodologie de l'intégration
Pour notre part, nous essayons de faire valoir les trois attitudes inverses qui nous semblent les règles mêmes d'une intégration méthodique et scientifique :
Voici près de cent cinquante pages de texte très dense - après une dizaine de livres - pour fonder cette stricte méthodologie. Les trois règles énoncées ci-dessus constituent les trois parties du livre :
POUR EN SAVOIR PLUSPREMIERE PARTIEII. LA CURE SEQUENTIELLE : courte, moyenne, longue IV. UNE HISTOIRE ET DES CONCEPTS
IX. LES SOMATO-PSYCHOTHERAPIES : voix, toucher, reichien X. LES PROCEDES THERAPEUTIQUES DE BASE : I. L'INTEGRATION THEORIQUE UN ITINERAIRE
II. MODÈLES INTERMÉDIAIRES ENTRE PRATIQUE ET THÉORIE
III. L'ACCES AUX PURS PROCESSUS INCONSCIENTS
V. LE PRINCIPE COMPLEXIFICATION / PLENARITE
VII. LA THÉORIE GÉNÉRALE DU CERVEAU ET LA CONSCIENCE LE PSYCHOTHERAPEUTE (dévoué) "à" l'INTEGRATION I. LA CURE SEQUENTIELLE ET LE COUPLAGE Méthodes - pathologies II. LES OUTILS D'EVALUATION ET D'AIDE, TEST, ET QUESTIONNAIRES SPÉCIFIQUES
III. LA DEMARCHE D'INTEGRATION DES NOUVELLES METHODES ET THEORIES IV. L'ETRE PSYCHOTHERAPEUT "A" L'INTEGRATION
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